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SOFF : quand les données climatiques sauvent des vies

Face au changement climatique, mieux prévoir, c’est déjà mieux protéger. Tempêtes, inondations, vagues de chaleur ou sécheresses sont de plus en plus fréquentes et intenses. Pour y faire face, une chose est essentielle : disposer de données météorologiques et climatiques fiables. C’est précisément la mission du Systematic Observations Financing Facility (SOFF), une initiative des Nations Unies que la Belgique soutient activement et qu’elle contribue aujourd’hui à piloter.

SOFF : un maillon essentiel des systèmes d’alerte précoce 

Le SOFF est un mécanisme international placé sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Son objectif est de combler les lacunes dans l’observation météorologique et climatique, en particulier dans les pays en développement. 

Dans de nombreuses régions du monde, notamment en Afrique, les réseaux de stations météo sont insuffisants ou obsolètes. Or, sans données de qualité, il est impossible de produire des prévisions fiables ou de mettre en place des systèmes d’alerte précoce efficaces. Ces systèmes permettent pourtant d’anticiper les événements météorologiques extrêmes et de sauver des vies, tout en réduisant les pertes économiques. À ce titre, ils sont souvent considérés comme un « levier à fort impact » de l’adaptation climatique : relativement peu coûteux, mais extrêmement efficaces. 

La plus-value unique du modèle mis en œuvre par le SOFF dans les pays des Suds réside dans le renforcement de la durabilité financière et opérationnelle des infrastructures météorologiques, ainsi que dans la promotion du partage des données, grâce à un mécanisme innovant de type « cash-for-data “. 

 

Les données climatiques : un bien public mondial 

Les prévisions météo et les projections climatiques ne s’arrêtent pas aux frontières. Elles reposent sur des données collectées partout sur la planète. Améliorer l’observation dans une région du monde bénéficie donc à l’ensemble de la communauté internationale. Les données climatiques sont ainsi de véritables biens publics mondiaux. 

C’est dans cet esprit de partenariats mutuellement bénéfiques que s’inscrit l’engagement belge. Les investissements réalisés par la Belgique dans les pays vulnérables contribuent non seulement à renforcer leur résilience face aux chocs climatiques, mais aussi à améliorer la qualité des prévisions météorologiques à l’échelle mondiale – y compris en Europe et en Belgique. 

 

SOFF
(c)SOFF

 

Un engagement financier et diplomatique fort de la Belgique 

La Belgique est aujourd’hui le deuxième donateur du SOFF, avec une contribution totale de 19,18 millions d’euros. À côté des 11 millions d’euros déjà versés, notre pays a décidé d’un financement supplémentaire de 8,3 millions d’euros (5,3 millions en 2025, puis 1,5 million en 2026 et en 2027). Cet engagement s’inscrit pleinement dans la priorité accordée par la Belgique à la sécurité climatique, à la résilience et à l’adaptation. 

Au-delà de l’aspect financier, la Belgique joue également un rôle de leadership diplomatique. Depuis l’été 2025, elle co-préside, via le SPF Affaires étrangères, le Steering Committee du SOFF, aux côtés de la Secrétaire générale de l’OMM. Dans ce rôle, la Belgique représente les donateurs, co-préside les réunions stratégiques du SOFF et mobilise son réseau diplomatique pour soutenir activement la mission de l’initiative. 

 

Un rendez-vous international majeur à Bruxelles 

Dans ce cadre, la Belgique organise le 14ᵉ Steering Committee du SOFF, qui se tient du 27 au 29 mai à Bruxelles. Pendant deux jours et demi, donateurs, pays observateurs, institutions fondatrices (OMM, PNUE, PNUD) et secrétariat du SOFF se réunissent pour faire le point sur les avancées, prendre des décisions stratégiques et renforcer les partenariats. 

Le programme comprendra notamment :

  • Des décisions sur de nouveaux investissements dans 3 nouveaux pays, et des échanges sur l’état de la mise en œuvre des projets existants et l’impact que ces investissements génèrent.
  • Des décisions sur des cadres de conformité (la troisième phase de ‘cash-for-data), d’apprentissage, et de résultats.
  • La mobilisation de nouvelles ressources, notamment via des mécanismes innovants comme le SOFF Impact Bond, destiné à attirer des investisseurs non traditionnels tels que les fondations et les organisations philanthropiques.
  • Des discussions sur les partenariats internationaux, les pays cibles, et la gestion du programme et son secrétariat.  

 

SOFF
(c)SOFF

 

Prévenir les pertes et dommages, ensemble 

Pour la Belgique, soutenir le SOFF, c’est aussi agir concrètement pour prévenir les pertes et dommages dans les pays les plus vulnérables. En renforçant les capacités d’observation et d’alerte, le SOFF permet aux gouvernements et aux communautés d’anticiper plutôt que de subir. Il s’agit d’un investissement à la fois dans l’adaptation, la prévention des catastrophes et le développement durable. 

Cet engagement est le fruit d’une approche coordonnée entre le SPF Affaires étrangères, la Politique scientifique fédérale (BELSPO) et l’Institut royal météorologique de Belgique (IRM). Ensemble, ils illustrent une conviction forte : face au climat, la coopération internationale est non seulement nécessaire, mais bénéfique pour toutes et tous.