« Devenir veuve ici conduit à la mendicité », déclare la Congolaise Ziraji, mère de cinq enfants et participante au programme quinquennal Ŝanĝo (2017 – 2021) de SOS Villages d’Enfants. « Lorsque j'ai perdu mon mari, notre quotidien est devenu une question de survie », explique-t-elle.

« Le programme nous a aidés à nous réinsérer dans la société. J'ai intégré une coopérative qui confectionne et commercialise des vêtements traditionnels. SOS Villages d'Enfants a temporairement pris en charge les frais de scolarité de deux de mes enfants. De plus, nous possédons désormais une chèvre pour le lait et la reproduction. »

La famille de Ziraji fait partie des quelque 2 000 familles que SOS Villages d'Enfants a soutenues au Burundi et en RD Congo. L'objectif consiste à assurer l'autonomie économique de ces ménages afin qu'ils puissent répondre aux besoins fondamentaux de leurs enfants, par exemple en leur donnant accès aux soins médicaux, à la nourriture, au logement et à l'éducation.

Approche holistique

L'ONG adopte une approche globale qui offre une réponse au caractère multidimensionnel de la pauvreté. En effet, ces situations de dénuement vont au-delà de l'aspect financier, et peuvent également se manifester dans les domaines de la santé, du logement, de l’emploi, de l'éducation, du bien-être ou de l'exclusion sociale. Aujourd'hui, au Burundi, 78 % des enfants se classent sous le seuil de pauvreté dans au moins trois dimensions.

« Nous constatons que les enfants qui grandissent dans une pauvreté multidimensionnelle courent un risque accru de perdre la protection et les soins de leurs parents ou des autres personnes qui en assurent la garde », explique Oscar Nahayo, coordinateur du programme au Burundi. « Ensuite, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes. Dans le cadre du programme, nous désirons tout mettre en œuvre afin d'éviter coûte que coûte cette situation. Si nous voulons améliorer la situation d'une famille de manière durable, nous devons commencer par adopter une approche globale. »

Analyse numérique en sept dimensions

Dans le cadre de ce type d'approche, un travailleur social est chargé de débuter chaque accompagnement. En collaboration avec la famille, il procède à une analyse fondée sur sept dimensions, à savoir la santé, le bien-être psycho-social, l’éducation, les moyens de subsistance, le logement, la protection et la prise en charge. De plus, chacun de ces éléments est considéré du point de vue de l'enfant. L'objectif vise à déterminer le score de chaque enfant de la famille pour chacune des dimensions évoquées.

Nelly Keza, responsable du suivi et de l'évaluation du programme au Burundi, déclare : « Cette approche fait ressortir assez clairement les besoins clés. En cinq années de programme, nous avons procédé à un nombre croissant d'inscriptions numériques, grâce à la Programme Database que notre fédération a développée. Toutes les informations récoltées parviennent directement dans cette base de données par le biais de tablettes. Sur la base de l'analyse des sept dimensions, les travailleurs sociaux élaborent, de concert avec les familles, un plan de développement adapté. Il renferme des objectifs concrets ainsi que des actions destinées à la famille et au travailleur social. »

Cette analyse se répète chaque année. De la sorte, les travailleurs sociaux peuvent objectivement évaluer les progrès d'une famille et les domaines concernés. Nelly Keza précise : « Nous pouvons adapter le parcours de chaque famille et œuvrer à son autonomie. De cette manière, la base de données se révèle également un outil essentiel à une gestion axée sur les résultats. »

Réduction de 50 % de la pauvreté multidimensionnelle

En considérant l'ensemble de ces trajectoires individuelles, il est possible de comparer la pauvreté multidimensionnelle des participants de Ŝanĝo à celle de la moyenne nationale. À la fin du programme, 28 % des enfants participant au programme obtenaient un score inférieur au seuil de pauvreté pour au moins trois dimensions, tandis que la moyenne nationale au Burundi s’élève à 78 %.

Main dans la main avec les communautés locales

Ce succès tient en partie à l'implication des communautés qui entourent les familles. Leur engagement dans le projet, depuis le recensement des familles les plus vulnérables jusqu'à sa mise en œuvre, représente un facteur déterminant.

Ce processus passe, par exemple, par la création d'associations d'épargne et de crédit en collaboration avec SOS Villages d'Enfants. De 20 à 30 familles environ mutualisent leurs ressources au sein de ces associations. Les membres peuvent ainsi contracter collectivement ou individuellement un microcrédit afin de démarrer une activité économique et acquérir une indépendance financière. Parallèlement, ces associations créent une caisse de solidarité destinée à soutenir les familles les plus vulnérables.

Dans le cadre du nouveau programme quinquennal 2022-2026, à nouveau cofinancé par le Direction générale Coopération au Développement et Aide humanitaire de notre SPF, SOS Villages d'Enfants apportera, une fois encore, son appui à 902 familles vulnérables au Burundi et 360 en RD Congo.

Visionnez les témoignages de Ishara et Christine au programme Ŝanĝo

 

 

Sources